J’ai cent ans Editions du Rocher/Le Serpent à Plumes/ Motifs 1999

À travers ces histoires réalistes ou fantasques court le fil rouge d’une voix unique : celle d’un automate centenaire dont le chant est la seule mémoire.



Ces nouvelles sont les premières écrites par l’auteur, avant que ne soient publiés ses deux romans, Le jour du chien et La nuit l’après-midi (Minuit.) Le sentiment amoureux est au cœur du récit (…) Une écriture simple et une intéressante finesse descriptive. Le ton est juste. 
Le Matricule des Anges, oct-déc. 1999.


Une prose contenue et parfaitement maîtrisée.
Le Monde des poches, 4/6/99

Un remarquable numéro d’équilibriste.
A nous Paris, mai 99

Sans chercher l’effet de style, Caroline Lamarche fait mouche.
Lire, juin 99

Rien que l’ardent désir du mot juste.
Jean-François Lermusieau, le Journal du Médecin, 1999

Un ton bien à elle, fait d’une subtile ironie, aussi discrète que ravageuse (...) une sorte d’innocence au coeur même de l’insoutenable.

Anne-Marie Geninet, Le Lien, Université Inter-Ages de Saint-Nazaire, 2012.


Avis d’internautes sur http://livre.fnac.com/a1822715/Caroline-Lamarche-J-ai-cent-ans#reviews


Que du très bon. Il ne faut surtout pas hésiter.

J’ai adoré ce livre qui dans un rythme léger donne à voir la vie dans ses moindres détails. On vit dans la tête des personnages. C’est sûrement l’auteur qui m’a fait aimer la littérature contemporaine.

Un livre nourri de passion et de merveilleuses traces d’enfance.


Extrait, p. 25-26

On se tait depuis longtemps, Leo et moi. Leo dormant, et moi lisant. Peut-être le chat s’est-il étiré dans un coin, peut-être la pendule a-t-elle tinté, je ne sais pas. Je n’ai senti que le silence. Alors j’ai regardé Léo. Très vite. La beauté de Leo est pointue, un vrai poignard. Certains jours, elle s’amenuise, elle pique plus fort. Alors je le regarde à peine. Parce que j’ai peur.
Voilà, un chien aboie. Mon sang se remet en route, fervent comme le siècle. De nos jours, tout se fait vite. L’amour. La mort. Même les visites à Léo. Pour aller chez lui, je prends l’autoroute des Ardennes. Dernièrement, on a creusé en dessous quelques boyaux bien propres : des passages pour gibier. Les chevreuils ont compris, mais les lapins et les lièvres, eux, se font toujours écraser en surface. L’époque est pleine de ces concessions à la sécurité dont personne n’usera avant dix ans. Le temps que l’on s’adapte. C’est comme pour le safe-sex. Ou safer-sex. On dit les deux je crois.
Il a plu presque tout le temps. Ce matin, pendant l’éclaircie, je me suis promenée. J’ai cassé le parapluie de Léo en m’en servant comme d’une canne. J’ai pensé l’enterrer sous les feuilles, pour ne pas devoir le trimbaler coupé en deux et maculé, mais finalement j’ai décidé de le rapporter pour expliquer à Léo, preuve à l’appui, qu’il n’y avait rien à faire pour son pépin.